L’ONG FIS Cameroun a organisé, le 1er octobre 2025, un atelier de validation du rapport sur l’engagement des communautés dans la gouvernance des soins de santé primaires au Cameroun. Cette activité s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet COPPER-CE (Communities in Pandemic Preparedness and Response through Community Engagement), financé par le Fonds Mondial.
L’atelier s’est tenu au Centre Spirituel Saint Jean XXIII de Mvolyé sous la présidence du Sous-Directeur de la Prévention et de l’Action Communautaire du Ministère de la Santé Publique. La réunion a rassemblé un large éventail d’acteurs, incluant des représentants des administrations gouvernementales, des organisations de la société civile, des réseaux communautaires, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des autorités traditionnelles. Cette diversité de participants a garanti la richesse des échanges et la représentativité des contributions. L’atelier poursuivait trois objectifs principaux : recueillir et intégrer les observations des parties prenantes, approuver consensuellement le rapport sur l’engagement communautaire, et formuler les priorités SSRD/SSP pour le prochain cycle de financement du Fonds Mondial (GC8).

La présentation du rapport de l’engagement communautaire dans la SSP a rappelé que la méthodologie repose sur une démarche participative forte : revue documentaire des politiques nationales, entretiens avec informateurs clés, consultations avec les communautés, les leaders traditionnels et religieux, ainsi que les agents de santé de première ligne. Les résultats soulignent l’existence d’un cadre politique favorable au Cameroun, appuyé par des textes législatifs et des plans stratégiques nationaux ainsi que par les plateformes de gouvernance multisectorielles et de structures de dialogue à différents niveaux du système de santé. Cependant, l’analyse révèle plusieurs défis persistants : la participation effective des communautés reste limitée, le financement insuffisant et la dépendance à l’aide extérieure entravent le développement, la coordination entre acteurs s’avère souvent faible, et l’absence de cadre juridique officialisant le statut des Agents de Santé Communautaires compromet la pérennisation des interventions.
Pour l’examen du rapport, es participants ont été répartis en quatre groupes de travail thématiques couvrant les aspects institutionnels, juridiques, communautaires et stratégiques du rapport.
Cette approche participative a permis de:
- Consolider les données collectées sur le terrain;
- Affiner les constats formulés dans le rapport;
- Mettre en commun les attentes des secteurs santé, social, administratif et communautaire ;
- Identifier les priorités que le Cameroun devrait défendre pour améliorer durablement la gouvernance des SSP.

Au terme des travaux, plusieurs priorités ont été retenues :
- Accélérer le plaidoyer de l’adoption du projet de loi sur l’institutionnalisation des Agents de Santé Communautaires ;
- Renforcer les plateformes de gouvernance et les comités de dialogue existants ;
- Développer des mécanismes de financement domestique pour réduire la dépendance extérieure ;
- Intensifier les activités de communication pour combattre la désinformation ;
- Renforcer la formation, la supervision et la reconnaissance du rôle des acteurs communautaires ;
- Améliorer la circulation de l’information entre communautés, autorités sanitaires et OSC;
- Rendre plus inclusifs les espaces décisionnels du système de santé.

En outre il a été convenu de partager la documentation relative aux comités institutionnelles PRP existants, de finaliser le rapport sur l’engagement communautaire, et d’actualiser le profil du Cameroun sur l’engagement communautaire dans la PRP.
En clôturant l’atelier, le Sous-Directeur de la Prévention et de l’Action Communautaire a salué « un travail collaboratif exemplaire » en soulignant le caractère stratégique du document validé et en appelant à la transformation des engagements en actions concrètes.
Il a rappelé que ce rapport final servira de base pour les interventions futures en matière d’engagement communautaire dans la gouvernance des soins de santé primaires au Cameroun. Le rapport validé constitue désormais une feuille de route partagée qui guidera le plaidoyer collectif pour le prochain cycle de financement du Fonds Mondial.
L’ONG FIS Cameroun réaffirme son engagement à accompagner l’État, les communautés et les partenaires dans la mise en œuvre de ces recommandations, avec la conviction que la résilience du système de santé dépend avant tout de la force et de l’implication des communautés elles-mêmes.
