FIS – CAMEROUN

ESTIMATION DES POPULATIONS CLÉS ET VULNÉRABLES DE LA TUBERCULOSE AU CAMEROUN

La tuberculose demeure un problème majeur de santé publique au Cameroun et constitue un obstacle significatif à l’atteinte des objectifs de la stratégie End TB. En 2024, son incidence est estimée à 132 cas pour 100 000 habitants. Le pays a atteint les premiers jalons de la Stratégie pour mettre fin à la tuberculose, enregistrant une réduction de 38 % de l’incidence de la tuberculose et une réduction de 51 % des décès liés à la tuberculose, dépassant ainsi les objectifs respectifs de 20 % et 35%. Ces résultats soulignent toutefois la nécessité d’intensifier les interventions de prévention, de dépistage et de prise en charge, notamment au sein des populations les plus exposées et vulnérables, afin de maintenir le pays sur une trajectoire compatible avec les objectifs d’élimination de la tuberculose à l’horizon 2030.
Les données de notification les plus récentes permettent d’actualiser l’analyse de l’écart entre cas estimés et cas effectivement diagnostiqués. En 2024, sur environ 37 750 cas attendus au regard de l’incidence rapportée, 27 153 cas toutes formes confondues ont été notifiés, dont 19 691 cas de tuberculose pulmonaire bactériologiquement confirmée (TB+). En 2025, ces chiffres s’établissent respectivement à 27 029 cas toutes formes et 19 175 cas TB+. L’écart de détection, ainsi réévalué, se situe désormais autour de 28 à 29%, contre environ 51%(46 000 cas estimés, seuls 22 492 ont été notifiés) en 2020. Cette évolution témoigne d’un renforcement réel des capacités de dépistage et de notification au cours des dernières années, réduisant sensiblement le réservoir de cas non diagnostiqués qui alimentait jusqu’alors la transmission communautaire.
Malgré cette réduction notable de l’écart de détection, un déficit important persiste, révélant que la transmission demeure active et qu’un réservoir non négligeable de cas non diagnostiqués subsiste. Cette sous-détection affecte particulièrement les populations clés et vulnérables (PCV), qui supportent une part considérable du fardeau de la maladie. Il s’agit notamment des personnes vivant avec le VIH (PVVIH), dont le risque de développer une TB active peut être jusqu’à 18 fois plus élevé ; des détenus, chez qui l’incidence peut être jusqu’à 100 fois supérieure à celle de la population générale ; des enfants notamment les moins de 5 ans ; ainsi que des réfugiés, déplacés internes et populations vivant dans des conditions de grande précarité
Dans ce contexte, l’ONG For Impacts in Social Health (FIS), en partenariat avec le Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT), a mené entre avril et juin 2026 un processus visant à estimer la taille des populations clés et vulnérables, conformément aux recommandations internationales en matière de ciblage des interventions.
Les résultats montrent que certaines populations, bien que de taille relativement limitée, jouent un rôle significatif dans la dynamique de transmission. C’est notamment le cas des détenus (32 000 à 37 000), des travailleuses du sexe (100 000 à 250 000) et des usagers de drogues et drogues injectables (50 000 à 150 000). L’analyse de priorisation confirme leur importance stratégique : les prisonniers (détenus) (9,75/10), les PVVIH (9,25/10), les enfants (8,75) et les usagers de drogues et drogues injectables (8,75/10) apparaissent comme les groupes à plus fort impact. Au total quatre groupes ont été identifiés comme très prioritaires et deux à priorités élevées comme mentionné dans le tableau ci-dessous.

Retrouvez dans le lien le rapport complet sur l’Estimation des population Clé et Vulnérables de la tuberculose au Cameroun: RAPPORT Final_Estimation KVP_CAMEROUN 2026

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